Foyer Don Bosco - Logo_final_2

01 BP 2420 Porto-Novo
République du Bénin
Nous contacter :
Tél. fixe : 20-24-70-65
Tél. mobile : 95-95-77-35
93-98-90-01
Contactez-nous par mail

Nos activités:

image brochure site

Actualités

L’ONG Via Don Bosco anime un atelier pour les directeurs des centres professionnels Don Bosco

Interview de Maïka DENYS, gestionnaire du Programme pour l’Afrique de l’Ouest auprès de l’ONG Via DON BOSCO

Du 26 au 29 juin 2012, s’est tenu un atelier de formulation du nouveau Projet-Programme élaboré par l’ONG Via Don Bosco. Cet atelier qui concernait les directeurs des centres professionnels de certains pays de l’AFO (Bénin, Mali, Togo) fut animé par la déléguée de Via DON BOSCO gestionnaire du Programme pour l’Afrique de l’Ouest: Maïka DENYS. A la fin de cette session de travail, elle nous a accordé une interview dans laquelle elle présente sa structure et le partenariat qui existe entre sa structure et notre Province AFO.

Maïka DENYS, belge de nationalité, a obtenu un Master en Sciences Politiques et Sociales et fait une formation en gestion des relations et communication interculturelles. Comme expérience professionnelle, Maïka a d’abord travaillé pour une entreprise dans le service d’achat et coordonné un bureau d’emploi local de 2003 à 2006. Elle a ensuite été fonctionnaire de l’ONEM (Office National d’Emploi) comme responsable du service litiges au bureau de chômage à Bruxelles de 2006 à 2008. Suite à cela, elle s’est engagée dans le programme d’Economie Sociale et Solidaire au Mali et fut entre autre responsable pour la communication dans la région de 2008 à 2010. Depuis mars 2011, elle a été intégrée dans l’équipe des agents de Via DON BOSCO comme gestionnaire du Projet- Programme de Via Don Bosco en Haïti et en AFO.

Qui êtes- vous ?

Je m’appelle Maïka DENYS ; je travaille pour une ONG belge Salésienne Via DON BOSCO, connu au niveau mondial sous le nom de DMOS-COMIDE ; c’est l’an dernier que nous avons changé de dénomination et avons pris le nom de Via DON BOSCO. Les partenaires avec lesquels nous travaillons dans les pays du Sud sont les Salésiens de Don Bosco (SDB) et les Filles de Marie Auxiliatrice (FMA). C’est en mars 2011 que j’ai commencé à travailler pour Via DON BOSCO comme gestionnaire de Programme. J’avais suivi les projets lancés en Haïti et tout récemment je suis les programmes dans la Province d’ AFO. J’ai déjà une expérience dans la Sous-région : j’ai travaillé deux et demi au Mali avec une ONG malienne. On avait un programme  au Burkina, au Sénégal et au Mali. Je suis très contente de revenir dans la Sous-région même autant de plus dans un pays que je ne connaissais pas encore, c’est-à-dire, le Togo.

Vous disiez que Via DON BOSCO est une ONG belge salésienne. Quelles sont les actions qu’elle mène de façon plus précise ?

Nous avons d’abord les Programmes dans les pays du Sud (les pays en voie de développement) dans le secteur de l’éducation et plus particulièrement on appuie des partenaires qui font le développement des compétences des bénéficiaires finaux ; et pour nous ces bénéficiaires sont les groupes les plus marginalisés,  les plus pauvres.

Pouvez-vous nous donner le motif de votre présence au Togo ?

Je viens de terminer un séminaire dénommé « Atelier de formulation » dont l’objectif était de recueillir des éléments ensemble avec les partenaires sélectionnés pour formuler le nouveau Programme qui va démarrer en 2014. Le processus de formulation d’un programme est un processus d’étape par étape et nous avons commencé ce processus en janvier 2012 et cela va aller jusqu’en juillet 2013. Pour la première étape, nous avons organisé une rencontre avec tous les Bureaux de Planification et de Développement de l’Afrique à Kigali. C’était le démarrage du processus de formulation de notre programme. Nous avons expliqué notre cadre stratégique et aussi un instrument pour faire l’analyse du contexte externe. Après cette rencontre technique, chaque Bureau de Planification et de Développement a fait l’analyse du contexte externe de sa province et en coordination avec les partenaires locaux, c’est-à-dire les centres professionnels et d’autres structures qui œuvrent dans le domaine du développement des compétences. Après cette analyse, ils ont fait une sélection et une proposition des centres locaux à intégrer dans le Programme. Nous avons, à notre niveau, étudié cette proposition et nous avons fait une sélection définitive des organisations partenaires donc des écoles qui vont être intégrées dans le nouveau Programme. Il faut toutefois noter que cette présélection des partenaires a toujours été validée par le Provincial et son Conseil.

Et c’est maintenant avec les organisations partenaires sélectionnés que nous avons fait cet atelier de formulation dont l’objectif était de partager la vision du Programme, de recueillir des éléments pour établir le cadre logique parce que c’est un processus de planification stratégique participatif. Dès le début de la formulation du programme, nous avons voulu intégrer et faire participer les organisations partenaires qui seront impliquées dans le Programme. Un autre objectif était aussi d’expliciter le rôle et la contribution de chaque organisation partenaire dans le programme. Un dernier objectif consistait à expliquer les étapes suivantes. Nous avons élaboré un instrument d’auto évaluation que chaque organisation partenaire va utiliser pour faire une analyse (interne) de ses capacités au niveau organisationnel.

Au regard de cette formulation que vous avez déjà entreprise et vu le fait qu’il y a eu plusieurs programmes qui ont été élaborés et exécutés avec la collaboration de l’AFO, quelle lecture faites-vous des actions entreprises par la Province AFO allant dans le sens du Projet Programme que vous soutenez ?

Nous avons une collaboration actuelle avec 25 pays (5 régions et 8 pays individuels) et suite à un accord entre le Ministre de la Coopération belge et les ONG, à partir de 2014  les ONG doivent réduire le nombre de pays où ils interviennent à 10 au maximum dont 3 peuvent être des régions qui s’étalent sur plusieurs pays (comme AFO). L’objectif est de sauvegarder la cohérence entre les programmes : la cohérence au niveau géographique, au niveau du secteur où on travaille. Elle est convaincue que si on travaille avec moins de partenaires on pourra augmenter notre impact. Pour nous, avant d’élaborer ce projet de formulation, nous avons parcouru un processus de sélection des provinces avec lesquels nous voulons continuer. Nous avons d’abord élaboré notre cadre stratégique et nous avons par la suite essayé de trouver des partenaires qui correspondent le plus à notre cadre stratégique.  A notre niveau un des critères importants est que nous voulons travailler avec des partenaires qui font le développement des compétences des jeunes les plus marginalisés, qui les accompagnent vers le monde du travail et qui les assurent aussi des formations de qualité. C’était l’un des critères que nous avons pour sélectionner nos partenaires. Et le cadre stratégique de la Province AFO est en concordance avec le nôtre : les enfants de la rue et les centres professionnels et techniques sont une de leurs priorités stratégiques. Nous apprécions bien leurs actions bien qu’il y ait des points qui devront être améliorés, par exemple assurer l’accès des plus marginalisés aux formations.

Vu le fait qu’il y a eu la concordance entre votre cadre stratégique et celui de l’AFO, êtes-vous sûre de continuer cette coopération entrevotre ONG Via Don Bosco et la Province AFO ?

Avec les partenaires que nous avons sélectionnés, nous avons l’intention de continuer la coopération à long terme c’est-à-dire le programme qui est en cours, le programme prochain et peut être d’autres programmes ultérieurs. En même temps nous voulons aussi que chaque action, chaque activité financée soit une activité qui a une certaine durabilité et qui augmente aussi la capacité institutionnelle de l’organisation. Nous voulons soutenir nos partenaires à multiplier et à diversifier leurs bailleurs de fonds afin d’assurer leur durabilité institutionnelle.

Tout à l’heure vous parliez des enfants de la rue et si j’ai bonne souvenance, le Programme ne concernait pas les enfants de la rue, mais seulement les centres professionnels, pourquoi cette nouveauté ?

Les enfants de la rue répondent aussi à la définition des groupes les plus marginalisés. C’est un phénomène d’ampleur dans cette partie de l’Afrique. La réponse que la Province donne va de pair avec nos objectifs. Par exemple, l’organisation partenaire que nous allons intégrer dans le Programme est le Foyer de Porto-Novo au Benin. Evidemment, nous n’allons pas soutenir le Centre dans son entièreté, mais il y a des actions telles que les ateliers de formations qui sont aussi des formes de développement des compétences des plus pauvres que nous pouvons intégrer dans le Programme. Il y a aussi des actions que le Centre mène vers les entrepreneurs ou vers les ateliers de production. Nous préférons parler du monde de travail que du marché d’emploi d’autant plus que le marché d’emploi est restrictif (il se réduit au travail formel). Nous prenons en compte le secteur informel et l’auto emploi des jeunes ; notre objectif est que cela soit un travail digne.

Depuis quand il existe une coopération entre votre ONG Via Don Bosco et la Province AFO ?

Nous collaborons avec la Province depuis longtemps. Même avant l’année 2000 nous avons soutenu des projets. VIA Don Bosco a soutenu la création d’ADAFO, le Bureau de Planification et Développement de la Province. A partir de 2008 nous avons adopté l’approche Programme qui dure 3 ans et qui gagne en efficacité et en cohérence. Actuellement, nous sommes en train de réaliser le deuxième Programme qui s’étend de 2011 à 2013.

Selon vous, quelles sont les nouvelles formes d’éducation que les Salésiens doivent proposer aux jeunes de l’Afrique Francophone Occidentale ?

Il faut préciser que Via Don Bosco ne donne pas une définition  des groupes marginalisés ; cela relève de chaque province par rapport à la réalité qu’elle vit. C’est à elle de définir la catégorie des groupes les plus défavorisés. Nous ciblons néanmoins des jeunes qui ont au moins 12 ans, même si certains enfants de 10 ans sont marginalisés, nous estimons que l’acquisition des compétences commence généralement à un âge qui est plus élevé (il doit avoir fait le cours primaire). Nous nous intéressons à ces jeunes qui ont 12 ans au moins et même aux adultes parce que nos partenaires proposent des actions éducatives telles que les cours du soir,

Parlant des nouvelles formes d’éducation, ce que les Salésiens appellent la formation intégrale cadre aussi bien avec notre vision ; la formation donnée ne doit pas se résumer seulement à la formation technique, mais elle doit prendre en compte toute la personne. Il faut que les bénéficiaires acquièrent aussi  des compétences sociales à même de les aider à mieux se réinsérer dans la société. C’est une bonne pédagogie selon nous qu’il faut tout de même actualiser en vue de répondre aux exigences de la réalité qui change. C’est un vrai défi qui engage tous nos partenaires. Au regard des expériences faites au Sénégal et au Mali, il se trouve que les professeurs ont la tendance à appliquer le système de « copier coller » qui consiste à mettre tout au tableau pour que les élèves copient (la méthode classique ou passive). Il faut promouvoir d’autres formes de pédagogies qui exigent la participation des élèves qui les aideront à mieux apprendre. Nous faisons confiance pour cela à nos partenaires (les centres professionnels et le Centre Magone) parce que ce sont eux des spécialistes en éducation.

Pour finir quel est votre dernier mot ou votre souhait pour les actions entreprises en AFO ?

Que toutes les actions que nous finançons aient une certaine durabilité ; c’est le rêve que nous visons. Et que ces actions puissent contribuer à l’amélioration des conditions de vie des groupes les plus défavorisés.

Interview réalisée le 01 juillet 2012.

Par Marc-Auguste KAMBIRE, Sdb

Article paru sur le site de la province AFO : http://donboscoafo.org/2012/07/04/3320/

Comments are closed.